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Infirmières et médecin bulgares en Libye : peines de mort confirmées

11072007

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TRIPOLI, 11 juil 2007 – La Cour suprême libyenne a confirmé mercredi les peines de mort contre cinq infirmières et un médecin bulgares, condamnés pour avoir inoculé le virus du sida à des centaines d’enfants en Libye, mais un règlement de cette affaire qui dure depuis huit ans reste encore possible.
Le verdict a été prononcé au lendemain de l’annonce par la Fondation Kadhafi de l’acceptation par les familles des enfants de compensations financières, ce qui devrait faciliter un dénouement de l’affaire.
« Au nom du peuple, la cour a décidé de ne pas accepter l’appel présenté par les accusés et confirme la peine de mort à leur encontre », a déclaré son président Fathi Dahane, en l’absence des accusés.
L’accord avec les familles a été confirmé par le ministre libyen des Affaires étrangères, Abdel Rahmane Chalgham, mais pas par la Bulgarie. La Commission européenne, elle, a dit attendre « des détails ».
Les termes du compromis devraient être annoncés dans les deux prochains jours, selon la Fondation Kadhafi, une association caritative présidée par le fils du numéro un libyen, Mouammar Kadhafi.
La décision de la Cour suprême épuise les procédures judiciaires commencées il y a huit ans. La parole est désormais au Conseil supérieur des instances judiciaires, organe politique présidé par le ministre de la Justice, qui se réunira lundi.
« Il revient à cette instance de confirmer, d’annuler ou de commuer le verdict », a dit M. Chalgham tandis que Washington, qui a salué le compromis, soulignait qu’il « existait une autre étape dans le processus ».
Si la peine capitale est commuée en peine de prison, le dossier sera transmis au ministère libyen des Affaires étrangères pour négocier avec Sofia le transfert des détenus en Bulgarie, les deux pays étant liés par un accord d’extradition, selon M. Chalgham.
Les infirmières Kristiana Valtcheva, Nassia Nenova, Valia Tcherveniachka, Valentina Siropoulo et Snejana Dimitrova, ainsi que le médecin Achraf Joumaa Hajouj, un Palestinien qui a obtenu la nationalité bulgare récemment, sont emprisonnés en Libye depuis 1999.
Accusés d’avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants de Benghazi, deuxième ville de Libye, dont 56 sont décédés, ils clament leur innocence, affirmant que leurs aveux ont été arrachés sous la torture.
Les condamnés se réfèrent à des experts internationaux dont le codécouvreur du virus du sida Luc Montagnier, selon lesquels l’épidémie de sida était due à la mauvaise hygiène dans l’hôpital de Benghazi.
Mardi soir, la Fondation Kadhafi a annoncé que les familles des victimes avaient accepté des compensations financières aux termes d’un accord avec le Fonds spécial d’aide aux victimes créé en 2005 par Tripoli et Sofia, sous l’égide de l’Union européenne, pour indemniser les familles.
Le directeur de la Fondation, Salah Abdessalem, a demandé aux « Européens de contribuer activement au Fonds spécial et d’accorder un intérêt spécial au traitement des enfants contaminés ».
« Tous ce qui compte pour nous s’est la santé de nos enfants », a déclaré Omar Al-Mesmari, père d’un jeune malade. « Si nous n’acceptons pas un accord, les Européens empêcheront nos enfants de se rendre chez eux pour les soins », a-t-il dit, faisant état de « pressions ».
Des centaines d’enfants libyens malades du sida sont soignés en Europe.
Selon M. Chalgham, les compensations proviennent de « certains pays européens et associations caritatives, et de l’Etat libyen ».
Il a refusé de divulguer le montant exact des indemnisations déjà remises au fonds. Il s’agit de « centaines de millions de dollars », a-t-il dit.
A Sofia, le président Guéorgui Parvanov a noté que le verdict n’était « pas une surprise » tout en soulignant que la Bulgarie poursuivrait « ses efforts avec les partenaires européens et internationaux pour trouver un accord final ».
L’UE a exprimé sa « tristesse » et espéré un « dénouement heureux ». Le Conseil de l’Europe s’est dit « scandalisé » par une « parodie de justice ».
Par ailleurs, la justice libyenne doit rendre le 18 juillet son jugement dans un autre procès intenté aux cinq infirmières et au médecin par un officier de police pour « diffamation » après les accusations de torture.

Imed Lamloum © AFP







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