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Libye: les infirmières et le médecin bulgares attendent leur extradition

17 07 2007

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TRIPOLI, 18 juil 2007 – Les infirmières et le médecin bulgares, délivrés par la justice libyenne de la menace d’une exécution mais toujours condamnés à la perpétuité pour avoir inoculé le virus du sida à des enfants, attendent désormais leur extradition, réclamée par Sofia dès mercredi.
Mais le ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelrahman Chalgham, a averti que le dossier n’était pas clos et qu’il restait encore « une étape très importante: fournir des garanties pour le traitement des enfants » contaminés.
Il a renvoyé « la balle dans le camp de la Bulgarie et de l’Union européenne », ajoutant, sans autre précision, que des pourparlers auraient lieu pour « la mise en oeuvre des engagements européens ».
Détenus depuis huit ans, les condamnés ont échappé à la peine de mort, la sentence ayant été commuée mardi soir en peine de prison à vie par le Conseil supérieur des instances judiciaires libyennes, plus haute instance judiciaire du pays.
Mercredi, un tribunal libyen a également relaxé les six praticiens dans une affaire connexe, selon une source judiciaire libyenne. Ils étaient accusés de « diffamation » par un officier de police.
Ces décisions pourraient permettre l’extradition en Bulgarie des condamnés pour qu’ils y purgent leur peine en vertu d’un accord bilatéral de 1984.
Le Conseil supérieur, qui dépend directement du ministre de la Justice, n’a cependant pas clarifié le sort immédiat des six condamnés.
Dans le cas d’une commutation, « le dossier sera automatiquement transmis au ministère (libyen) des Affaires étrangères », avait expliqué M. Chalgham la semaine dernière.
A Sofia, le parquet général a annoncé avoir engagé la procédure de demande d’extradition. « Les documents nécessaires partiront dès aujourd’hui vers la Libye », a indiqué le procureur général Boris Veltchev.
L’annulation de la peine de mort a été immédiatement saluée par les Etats-Unis, l’UE et la France dont le président Nicolas Sarkozy se rendra le 24 juillet à Tripoli, selon une source officielle libyenne. La présidence française n’avait pas confirmé mercredi soir la date de ce déplacement.
Le Premier ministre bulgare Serguei Stanichev a, de son côté, remercié l’UE « pour la résolution de ce cas dramatique ».
Le Conseil supérieur des instances judiciaires avait le pouvoir de modifier ou d’annuler le verdict de la Cour suprême qui avait confirmé le 11 juillet la condamnation à mort des six praticiens, accusés d’avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants de Benghazi, deuxième ville de Libye, dont 56 sont décédés.
Auparavant, les familles des victimes, qui ont « reçu » des « dédommagements » d’un million de dollar par victime, avaient indiqué avoir renoncé à la peine capitale, selon leur porte-parole, Idriss Lagha.
Le nombre de victimes s’élèverait à près de 460, dont une vingtaine de mères ayant été contaminées par leurs enfants, selon ce porte-parole.
Selon une source de la Fondation Kadhafi, présidée par le fils du dirigeant libyen, Seif al-Islam, maître d’oeuvre des négociations avec les familles, les compensations financières ont été versées par le Fonds spécial d’aide de Benghazi, créé en 2005, et provenait de Libye, de l’UE et des Etats-Unis.
Marc Pierini, le président du conseil d’administration du Fonds spécial, qui est également l’envoyé spécial de la Commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner en Libye, a confirmé que les compensations provenaient de ce fonds, sans en détailler l’origine exacte.
Mme Ferrero-Waldner, qui a souligné le « souci de l’UE de consolider ses relations avec la Libye » dans un entretien téléphonique avec le numéro un libyen Mouammar Kadhafi, cité par l’agence Jana, avait déclaré auparavant que l’argent des dédommagements était libyen.
Les infirmières Kristiana Valtcheva, Nassia Nenova, Valia Tcherveniachka, Valentina Siropoulo et Snejana Dimitrova, ainsi que le médecin Achraf Joumaa Hajouj –un Palestinien qui a obtenu la nationalité bulgare en juin–ont toujours clamé leur innocence, affirmant que leurs aveux avaient été arrachés sous la torture.
Les accusés se sont engagés par écrit à ne pas poursuivre l’Etat pour leurs années passées dans les geôles libyennes.


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