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Infirmières bulgares: les tractations avec Tripoli se prolongent

23072007

TRIPOLI, 23 juil 2007 – Les tractations pour trouver une issue à l’affaire des infirmières et du médecin bulgares accusés depuis huit ans d’avoir inoculé le sida à des enfants libyens se prolongeaient lundi soir, Sofia dénonçant de « nouvelles conditions inacceptables » de la part de Tripoli.
« La Libye ne contribue pas à la normalisation de ses relations avec l’Union européenne en posant de nouvelles conditions » qui sont « trop ambitieuses et certaines même inacceptables », a déclaré ministre bulgare des Affaires étrangères Ivaïlo Kalfine à Bruxelles, où l’UE devait aborder le dossier.
M. Kalfine a refusé de donner des détails sur les demandes libyennes tandis qu’à Tripoli, le black-out règnait sur les pourparlers en cours entre des responsables du ministère libyen des Affaires étrangères, la Fondation Kadhafi qui a mené les négociations avec les familles et la commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner.
L’arrivée en Libye dimanche de cette dernière, ainsi que celle de l’épouse du président français Nicolas Sarkozy, Cécilia, avait pourtant fait naître l’espoir d’un règlement rapide de l’affaire des cinq infirmières et du médecin d’origine palestinienne.
Leur condamnation à mort a été commuée la semaine dernière en peine de prison à vie, ouvrant la voie à leur extradition vers Sofia.
Selon une source diplomatique à Tripoli, la Libye a réclamé une « normalisation complète » de ses relations avec les pays de l’UE « dans tous les domaines » ainsi que des garanties pour le traitement des enfants libyens atteints du sida.
La Libye exige en prime « la réalisation de projets en Libye », dont une autoroute traversant son territoire de sa frontière avec la Tunisie (est) à celle avec l’Egypte (ouest).
Elle réclame également un chemin de fer reliant les ports libyens à des villes africaines, ainsi que la réhabilitation de ses sites archéologiques, a ajouté la même source sous couvert de l’anonymat, précisant que « les discussions étaient très difficiles ».
« Sauf développement de dernière minute, les négociations ont peu de chance d’aboutir », a ajouté la même source.
De son côté, Mme Sarkozy a rencontré à Tripoli la fille du dirigeant libyen Aïcha. Mme Sarkozy, dont la mission est plus humanitaire que diplomatique selon Paris, « devrait rentrer dans la soirée », selon une source diplomatique à Tripoli.
Le président français a multiplié pour sa part les consultations, s’entretenant trois fois avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, deux fois avec le numéro un libyen Mouammar Kadhafi, et une fois avec le président bulgare Guéorgui Parvanov, selon son porte-parole.
Selon une source officielle libyenne, M. Sarkozy est attendu mercredi à Syrte pour des entretiens avec le colonel Kadhafi, une visite que la présidence française n’a pas confirmé.
Mme Sarkozy s’était déjà rendue en Libye le 12 juillet pour rendre visite aux infirmières accusées depuis 1999 d’avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants de Benghazi, deuxième ville de Libye, dont 56 sont décédés.
Les infirmières Kristiana Valtcheva, Nassia Nenova, Valia Tcherveniachka, Valentina Siropoulo et Snejana Dimitrova, ainsi que le médecin Achraf Joumaa Hajouj, ont toujours clamé leur innocence, affirmant que leurs aveux avaient été arrachés sous la torture.
Ils ont reçu le soutien de deux des chercheurs les plus éminents sur le virus, les spécialistes français Luc Montagnier et italien Vittorio Colizzi, pour qui la contamination résultait de mauvaises conditions d’hygiène.
A Paris, le collectif de familles des victimes françaises de l’attentat libyen de 1989 contre un avion DC-10 de la compagnie UTA, a demandé qu’on se montre « vigilant » afin que ce dossier ne fasse pas les frais des efforts pour la libération des infirmières bulgares.
En 1999, six Libyens, dont un beau-frère du colonel Mouammar Kadhafi, ont été condamnés à perpétuité par la justice française pour cet attentat, qui avait fait 170 morts, de dix-sept nationalités différentes, dont 54 Français, dans le désert du Ténéré (Niger).







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