La Libye fête le 38e anniversaire de la révolution sur fond d’ouverture

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TRIPOLI, 31 août 2007 – La Libye fête samedi dans la discrétion le 38e anniversaire du coup d’Etat qui a porté au pouvoir Mouammar Kadhafi, au moment où le pays est engagé dans un processus de réformes et de réconciliation avec l’Occident sous l’impulsion du fils du numéro un libyen.
Comme chaque année, Tripoli est ornée de drapeaux et grands portraits du colonel Kadhafi, qui a renversé sans violence le vieux roi Idriss al-Senoussi le 1er septembre 1969. Des banderoles en hommage au « chef de la révolution » couvrent les murs de la capitale et des grandes villes.
Les médias d’Etat publient sur plusieurs épisodes « le récit de la révolution » rédigé par M. Kadhafi qui raconte les derniers jours de préparation du renversement de la monarchie.
Le dirigeant libyen a proclamé en 1977 la « Jamahiriya », qu’il définit comme un « Etat des masses » qui gouvernent par le biais de comités populaires élus. Sur le papier, il n’assume plus aucune fonction officielle, hormis le titre de « guide de la révolution » mais reste la clé de voûte du système politique.
Ses portraits géants accrochés en permanence à l’aéroport international, sur les frontons des bâtiments publics, à l’entrée des hôtels et sur les places publiques symbolisent son pouvoir qu’il a su garder depuis 38 ans.
Dans le cadre des célébrations en août, l’un de ses fils, Seif Al-Islam, a lancé plusieurs projets d’infrastructrures, dont des aéroports et des centrales électriques dans plusieurs régions du pays.
Le 20 août à Benghazi (est), il a présenté un projet de réformes, plaidant pour la rédaction d’une constitution et appelant à une accélération des privatisations et de la libération de l’économie. Il a exposé un plan de développement doté de 80 milliards d’euros.
De plus en plus présenté comme le futur successeur de son père, Seif Al-Islam s’est distingué comme l’émissaire le plus fiable du régime et l’artisan des réformes, soucieux de normaliser les relations avec l’Occident.
« L’inauguration par le fils de Kadhafi de méga-projets en présence du Premier ministre (Baghdadi Mahmoudi) qui était effacé à côté de lui, montre que le véritable chef est désormais Seif Al-Islam », a estimé un analyste arabe.
« Le projet de réformes annoncé n’est qu’une étape dans le processus de la +transition+ qui va permettre de garder le pouvoir aux mains de la famille mais ne va pas changer le fond du système », a-t-il dit.
Seif Al-islam était au coeur de la médiation dans l’affaire des infirmières bulgares libérées en juillet après plus de huit ans de détention en Libye, ainsi que du processus d’ouverture amorcé par Tripoli à la fin des années 1990 pour solder son passé d’ »Etat voyou ».
Accusée dans les années 1980-1990 de soutenir le terrorisme, la Libye avait été mise au ban de la communauté internationale après avoir été jugée responsable de l’attentat contre un avion américain (270 morts à Lockerbie en 1988), et contre un avion français UTA au Niger (170 morts en 1989).
La normalisation des relations avec l’Occident notamment, officialisée dans le cas des Etats-Unis en mai 2006, a débuté avec la remise de deux suspects de l’attentat de Lockerbie à la justice britannique en 1999 puis, en 2003, avec la renonciation au développement d’armes de destruction massive.
La Libye est depuis citée régulièrement par Washington comme un modèle à suivre en matière de désarmement et plusieurs compagnies américaines y ont remporté des contrats de prospection et production d’hydrocarbures.
Le règlement de l’affaire des praticiens bulgares a permis à Tripoli de garantir la normalisation complète de ses relations avec l’Europe. Au lendemain de leur libération, le président français Nicolas Sarkozy s’est rendu en Libye pour aider ce pays « à réintégrer le concert des nations », avec en prime un accord dans le domaine militaire et un réacteur nucléaire.




Libye: les premiers médias non-gouvernementaux s’essayent à la critique

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TRIPOLI, 31 août 2007 – Des médias non-gouvernementaux, apparus en Libye cet été pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir du colonel Mouammar Kadhafi le 1er septembre 1969, s’essayent à la critique, tout en soulignant que le « Guide » demeure la ligne rouge à ne pas franchir.
Rompant avec la couleur verte qui distingue les journaux officiels, les nouveaux quotidiens Oéa et Cyrene, respectivement les anciens noms grecs des villes de Tripoli et de Benghazi (est de la Libye), adoptent la couleur bleue et une mise en page attrayante pour souligner d’emblée leur différence.
Propriété de la société Al-Ghad (demain) qui vient de lancer en août la première chaîne de télévision privée -Al-Libiya-, les deux quotidiens ont dès leurs premiers numéros critiqué des membres de gouvernement, évoquant des dossiers jusqu’ici tabous.

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Le Premier ministre Baghdadi Mahmoudi a été le premier a en faire les frais. Critiqué pour un projet d’aménagement de Tripoli, Oéa lui a reproché d’avoir défiguré la capitale en ordonnant la démolition de bâtiments sans prévoir leur reconstruction.
Cyrene est allé plus loin en ouvrant le dossier des opposants libyens exilés à l’étranger.
Dans un éditorial, le journal estime que ces Libyens avaient quitté leur
pays après avoir eu « un sentiment d’insjustice politique ou économique », appelant les autorités à favoriser leur retour
Créé par des jeunes écrivains et de journalistes sous l’impulsion du fils du colonel Kadhafi, Seif Al-Islam, Al-Ghad veut opérer un « renouveau » dans le paysage médiatique en Libye, dominé depuis près de 40 ans par l’Office général libyen de la presse.
Trois quotidiens dépendant de cet organisme public - »Al-Fajr Jedid », « Al-Jamahiriya » et « Al-Chams »- paraissent en Libye. Un quatrième quotidien, « Al-Zahf Al-Aksak » est publié par les comités révolutionnaires, colonne dorsale du régime de Kadhafi qui interdit la parution de médias privés.
Le « Livre vert », condensé de la pensée politique du Guide, stipule que « la presse est un moyen d’expression de la société, et non le moyen d’expression d’une personne physique ou morale (…).
« Nous comptons donner une nouvelle image de la presse libyenne. Les médias ne doivent pas se contenter de rapporter les informations mais aider les organismes de l’Etat à combattre la corruption », souligne le directeur d’Al-Ghad, Mohamed Boussifi.
M. Boussifi affirme être « prêt à pousser la critique le plus loin possible », mais sans franchir « la ligne rouge du leader » Mouammar Kadhafi, tient-il à préciser.
Société d’impression, d’édition et de distribution, Al-Ghad a signé également des contrats avec des maisons d’éditions internationales pour assurer la distribution de publications étrangères « sans censure », ajoute-t-il, précisant que sa société avait installé 200 kiosques à journaux à Tripoli et à Benghazi pour assurer une meilleure distribution.
Bechir Belaou, le directeur de la chaîne Al-Libiya, promet que la nouvelle télévision offrira « une grande marge de liberté et de critique ».
« La programmation de la chaîne au cours du mois de ramadan (mois du jeûne musulman) sera déterminante pour souligner notre différence par rapport aux canaux officiels », ajoute-t-il.
Seif Al-Islam avait provoqué un tollé en déclarant en 2006 que les journaux libyens étaient « fades » et que « personne le les lisait », appelant à « libérer les médias de l’emprise de l’Etat ».
Récemment, en donnant les grandes lignes d’un projet de constitution, il a plaidé pour une « société dotée de médias indépendants pour mettre en exergue la corruption et la fraude ».




Longtemps taboue, l’identité berbère débattue au grand jour en Libye

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TRIPOLI, 22 août 2007 – Longtemps marginalisée, la minorité berbère de Libye bénéficie depuis peu de toute l’attention des autorités et plaide désormais au grand jour la reconnaissance de son identité, un sujet resté tabou durant 37 ans.
Les Amazighs, « hommes libres » en berbère, représentent 10% de la population libyenne et vivent notamment sur les hauteurs des montagnes à l’ouest de Tripoli ou, comme les Touareg, dans le sud désertique du pays.
Ils réclament la reconnaissance de leur identité culturelle et linguistique et dénoncent leur marginalisation depuis l’avènement de la révolution libyenne en 1969 et l’accession au pouvoir du colonel Mouammar Kadhafi qui entendait développer une politique basée sur le panarabisme.
En mars dernier, celui-ci avait nié de nouveau toute existence d’une minorité amazighe en Libye, menaçant d’ »éradiquer ceux qui veulent répandre le poison du colonialisme ».
Quelques mois plus tard, fait inédit, les autorités libyennes convient les 14 et 15 août dans un grand hôtel de Tripoli des chercheurs et militants berbères pour débattre de l’ »amazighité » en Libye « entre authenticité et modernité ».
Le président du Congrès mondial amazigh, Belkacem Lounés, salue « une première initiative et un pas courageux pour débattre d’un sujet d’extrême importance pour tous les Libyens ».
Le chercheur amazigh libyen Chichank Issa précise de son côté que « l’amazaghité en Libye était une ligne rouge à ne pas franchir ».
« Nous pouvons maintenant lever le voile sur l’histoire des Amazighs en Libye et prouver que nous étions ici depuis des milliers d’années et que la vie en Libye avait bien commencé avant l’arrivée des Arabes », se félicite-t-il.
La reconnaissance de l’identité et de la langue berbères sont au centre des revendications des populations amazighes en Libye qui réclament également la réécriture de l’histoire nationale en « respect aux figures historiques et à l’héritage culturel » berbères.
Deux jours après l’ouverture du débat, le Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi s’est rendu à Jebel Gharbi, fief des Berbères en Libye, à 300 km à l’ouest de Tripoli, pour poser la première pierre d’une cimenterie et pour relancer un grand projet immobilier gelé depuis le début des années 1990.
Seif Al-Islam, le fils du dirigeant libyen, y a inauguré le lendemain une centrale électrique et un immense réservoir d’eau culminant à 860 mètres d’altitude et alimenté par le « grand fleuve artificiel » qui transporte l’eau des nappes phréatiques du sud vers la zone côtière, par le biais de canalisations géantes.
Les deux projets d’un coût total de plus de 400 millions d’euros, devraient permettre l’amélioration des conditions de vie des habitants de cette région enclavée au relief accidenté, qui pratiquent essentiellement l’agriculture dans les plaines au pied de la montagne de Jebal Gharbi.
Chevaux, musique et danse berbères étaient au menu des festivités accompagnant la cérémonie d’inauguration de ces projets, en hommage à Seif Al-Islam qui plaide depuis quelques années la cause amazighe par le biais de la Fondation Kadhafi qu’il préside.
Cette association avait obtenu en 2006 la levée d’une mesure datant de 1970 et interdisant les noms amazighs, après avoir dénoncé « une agression qui ne peut pas passer sous silence ».
Les population amazighe, estimée à 26 millions de personnes, est une ethnie autochtone d’Afrique du Nord. Elle est répartie sur près de cinq millions de kilomètres carrés depuis le Maroc jusqu’à l’Ouest de l’Egypte en différents groupes de culture mais de langue commune (le berbère ou tamazight).







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