Longtemps taboue, l’identité berbère débattue au grand jour en Libye

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TRIPOLI, 22 août 2007 – Longtemps marginalisée, la minorité berbère de Libye bénéficie depuis peu de toute l’attention des autorités et plaide désormais au grand jour la reconnaissance de son identité, un sujet resté tabou durant 37 ans.
Les Amazighs, « hommes libres » en berbère, représentent 10% de la population libyenne et vivent notamment sur les hauteurs des montagnes à l’ouest de Tripoli ou, comme les Touareg, dans le sud désertique du pays.
Ils réclament la reconnaissance de leur identité culturelle et linguistique et dénoncent leur marginalisation depuis l’avènement de la révolution libyenne en 1969 et l’accession au pouvoir du colonel Mouammar Kadhafi qui entendait développer une politique basée sur le panarabisme.
En mars dernier, celui-ci avait nié de nouveau toute existence d’une minorité amazighe en Libye, menaçant d’ »éradiquer ceux qui veulent répandre le poison du colonialisme ».
Quelques mois plus tard, fait inédit, les autorités libyennes convient les 14 et 15 août dans un grand hôtel de Tripoli des chercheurs et militants berbères pour débattre de l’ »amazighité » en Libye « entre authenticité et modernité ».
Le président du Congrès mondial amazigh, Belkacem Lounés, salue « une première initiative et un pas courageux pour débattre d’un sujet d’extrême importance pour tous les Libyens ».
Le chercheur amazigh libyen Chichank Issa précise de son côté que « l’amazaghité en Libye était une ligne rouge à ne pas franchir ».
« Nous pouvons maintenant lever le voile sur l’histoire des Amazighs en Libye et prouver que nous étions ici depuis des milliers d’années et que la vie en Libye avait bien commencé avant l’arrivée des Arabes », se félicite-t-il.
La reconnaissance de l’identité et de la langue berbères sont au centre des revendications des populations amazighes en Libye qui réclament également la réécriture de l’histoire nationale en « respect aux figures historiques et à l’héritage culturel » berbères.
Deux jours après l’ouverture du débat, le Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi s’est rendu à Jebel Gharbi, fief des Berbères en Libye, à 300 km à l’ouest de Tripoli, pour poser la première pierre d’une cimenterie et pour relancer un grand projet immobilier gelé depuis le début des années 1990.
Seif Al-Islam, le fils du dirigeant libyen, y a inauguré le lendemain une centrale électrique et un immense réservoir d’eau culminant à 860 mètres d’altitude et alimenté par le « grand fleuve artificiel » qui transporte l’eau des nappes phréatiques du sud vers la zone côtière, par le biais de canalisations géantes.
Les deux projets d’un coût total de plus de 400 millions d’euros, devraient permettre l’amélioration des conditions de vie des habitants de cette région enclavée au relief accidenté, qui pratiquent essentiellement l’agriculture dans les plaines au pied de la montagne de Jebal Gharbi.
Chevaux, musique et danse berbères étaient au menu des festivités accompagnant la cérémonie d’inauguration de ces projets, en hommage à Seif Al-Islam qui plaide depuis quelques années la cause amazighe par le biais de la Fondation Kadhafi qu’il préside.
Cette association avait obtenu en 2006 la levée d’une mesure datant de 1970 et interdisant les noms amazighs, après avoir dénoncé « une agression qui ne peut pas passer sous silence ».
Les population amazighe, estimée à 26 millions de personnes, est une ethnie autochtone d’Afrique du Nord. Elle est répartie sur près de cinq millions de kilomètres carrés depuis le Maroc jusqu’à l’Ouest de l’Egypte en différents groupes de culture mais de langue commune (le berbère ou tamazight).




Seif Al-Islam adopte un ton modéré pour faire passer son plan de réformes

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BENGHAZI (Libye), 20 août 2007 – Après avoir usé de la critique, le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif Al-Islam, défend désormais un projet de réformes politiques pour moderniser le régime sans remettre en question le pouvoir du « Guide » ou bouleverser les grands principes de sa théorie.
Il y a exactement un an, Seif Al-Islam s’était attiré les foudres de la vieille garde du régime en critiquant violemment la « mafia » des fonctionnaires qui s’opposent aux réformes, et en mettant en cause le « pouvoir du peuple » stipulé dans le « Livre vert », condensé de la théorie de son père.
Lundi soir, face à des milliers de jeunes dans la ville de Benghazi (1.000 km à l’est de Tripoli), il a fait preuve de modération, affirmant que le système politique actuel de la Libye était un « bon système en théorie » mais souffrait de « certains défauts ».
« Nous voulons renforcer le système actuel et le rendre plus efficace », a-t-il précisé.
Il a donné les grandes lignes d’un projet de constitution, tout en soulignant que la première déclaration de la révolution de 1969 menée par un groupe d’ »officiers libres », dirigé par le colonel Kadhafi, doit être la « base de tout texte constitutionnel en Libye ».
Cette phrase faisait mardi le titre de la dépêche de l’agence officielle Jana qui publie l’intégralité du discours, rentransmis en direct lundi soir par la télévision d’Etat ainsi que par la première chaîne privée du pays, Al-Libiya, lancée il y a quelques jours sous l’égide de Seif Al-Islam.
Homme d’influence régulièrement présenté comme le successeur de son père, Seif al-Islam, qui n’occupe pas de fonction officielle, s’est défendu de toute ambition politique affirmant que « la Libye ne deviendra pas une dynastie ou une monarchie, ni une dictature ».
Par son discours, il semble vouloir apaiser les tensions avec les hommes forts du régime et faire passer en douceur son plan de réformes sans se heurter à la vieille garde conservatrice de Kadhafi.
Il a ainsi affirmé que Mouammar Kadhafi était parmi les « lignes rouges » à respecter en préalable à toute réforme politique. Il a cité aussi « l’islam et l’application de la charia (la loi islamique), la sécurité et la stabilité de la Libye et l’unité du territoire national ».
Mouammar Kadhafi, qui n’est en théorie qu’un « guide » prodiguant ses conseils, prône le « pouvoir du peuple » à travers la « démocratie directe » exercée par des « congrès populaires ».
Après le renversement en 1969 de la monarchie senoussite, le colonel Kadhafi avait aboli la Constitution de 1951 qui faisait de la Libye une monarchie Constitutionnelle. Une courte Constitution provisoire a été remplacée en 1977 par la « Déclaration sur l’institution du pouvoir du peuple » qui comprend quatre articles.
Pour seif Al-Islam, les nouveaux textes des lois doivent garantir également l’indépendance de la Banque centrale libyenne, de la Haute Cour, des médias et de la société civile.
Il a appelé à un « dialogue national impliquant tout le peuple libyen pour parvenir le plus tôt possible à la formule idéale » pour la rédaction d’une constitution, et souligné la nécessité d’élargir le dialogue politique en dehors des « congrès populaires ». Tout débat politique ou à caractère politique est interdit en dehors de ce cadre en Libye.
Il a plaidé également pour le renforcement du pouvoir du chef du gouvernement pour qu’il puisse choisir ses ministres qui sont désignés pour l’instant par les congrès populaires. La vieille garde s’opposait à tout changement à ce sujet, invoquant une « atteinte au pouvoir du peuple ».
Sur le plan économique et social, Seif Al-Islam a exposé un plan de développement doté de 80 milliards de dollars et affirmé la nécessité de renforcer la lutte contre l’immigration clandestine qu’il a qualifiée de « deuxième forme du colonianisme ».




Libération des praticiens bulgares: Tripoli affirme être « trahi » par Sofia

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TRIPOLI, 28 juil 2007 – La Libye a vivement critiqué samedi la grâce accordée aux infirmières et au médecin bulgares à leur retour à Sofia mardi, dénonçant une « trahison » et une « procédure illégale » des autorités bulgares.
« Les détenus devaient être remis dès leur arrivée à un établissement pénitencier et non pas libérés de manière illégale », a déclaré le chef de la diplomatie libyenne, Abdelrahman Chalgham, lors d’une conférence de presse à Tripoli.
Sofia « a violé les procédures légales en matière d’extradition, prévues par le droit international et par l’accord d’entraide judiciaire signé entre les deux pays » en 1984, a affirmé de son côté le Premier ministre Baghdadi Mahmoudi.
« Nous avons suivi la procédure légale, c’est la Bulgarie qui nous a trahis », a déclaré M. Mahmoudi.
Selon le Premier ministre, le président français Nicolas Sarkozy, qui s’est beaucoup impliqué avec son épouse Cécilia dans le dénouement de cette affaire, a lui aussi exprimé son « mécontentement » face à la méthode avec laquelle avaient été libérés les six praticiens.

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M. Mahmoudi a ajouté que son pays avait remis un mémorandum à la Ligue arabe afin d’envisager une décision commune à l’encontre de Sofia lors d’une réunion des représentants de cette organisation au Caire, lundi.
Tripoli saisira aussi l’Union africaine et l’Organisation de la conférence islamique (OCI), a-t-il ajouté.
M. Chalgham a en outre accusé les pays européens d’avoir fait bloc derrière des criminels (…) avant d’applaudir à leur libération » et d’avoir exercé une « forte pression » sur son pays.
Il s’est élevé aussi contre les organisations internationales des droits de l’Homme, qui, au lieu de critiquer la libération de ces criminels, ont eux aussi « applaudi et salué cette mesure ».
La libération des six praticiens avait été dénoncée par la Libye comme une « violation » de l’accord d’extradition liant les deux pays depuis 1984 et qui selon elle ne prévoit pas une telle mesure. Sofia avait rejeté ces protestations, affirmant qu’il n’y avait « aucun obstacle » juridique à la grâce.
Les familles des enfants contaminés avaient critiqué un « mépris du président bulgare à l’égard du droit international et du sang des enfants ».
Leur porte-parole, Idriss Lagha, également présent à la conférence de presse, a appelé le gouvernement libyen à saisir Interpol pour que les six praticiens soient de nouveau arrêtés et à rompre ses relations diplomatiques avec la Bulgarie.
En vue d’obtenir l’extradition des six praticiens, la Commission européenne avait signé avec la Libye un mémorandum dans lequel elle s’engage à poursuivre l’aide médicale à ce pays et à renforcer ses liens avec Tripoli. Mais elle est restée ambiguë sur le remboursement à un fonds libyen des compensations versées aux familles des victimes (461 millions de dollars).
Nicolas Sarkozy avait assuré même que « ni l’Europe ni la France » n’avaient « versé la moindre contribution financière à la Libye » en échange de la libération des Bulgares.
Samedi, le Premier ministre libyen a affirmé que les compensations ont été payées par des pays européens, dont la Bulgarie, la Slovaquie et la République tchèque, ainsi que par le Qatar dont la « médiation » avait été saluée par la Libye, la France et la Commission européenne.
M. Mahmoudi a précisé que la France s’était engagée de son côté à fournir une aide en nature pour la réhabilitation de l’hôpital de Benghazi où avait lieu la contamination par le sida.
Détenus depuis 1999 en Libye, les praticiens bulgares, qui ont toujours clamé leur innocence, avaient été condamnés à mort en mai 2004, une peine confirmée à deux reprises avant d’être commuée le 17 juillet en prison à vie.
Cette commutation, intervenue après le paiement de fortes compensations aux familles des victimes, avait ouvert la voie à leur extradition.







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